Wednesday 01 Oct 2014

Pourquoi Kickstarter est la meilleure chose qui soit arrivée aux artistes?

amanda-palmer-kickstarter

Le titre vient d’un tweet que j’ai vu passer dans ma timeline; Si l’auteur se reconnait, qu’il me le dise que je le crédite!

Vous n’êtes certainement pas passé à côté de la news, Amanda Palmer (Amanda Fucking Palmer pour les intimes) a levé 100 000 $ en 6 heures sur Kickstarter, pour un total de 626 344 $ sur les 27 jours restants avec plus de 11 000 donateurs. Considérant qu’elle avait prévu de lever 100 000$ en 32 jours, on peut dire que c’est une belle réussite….

D’où d’abord, qui est Amanda Palmer? C’est un auteur-compositrice-interprète américaine. D’abord artiste de rue, elle s’est fait connaître dans les années 2000 comme chanteuse-pianiste punk des Dresden Dolls qu’elle a formé avec Brian Viglione. Depuis elle enchaîne projets solos et diverses collaborations, notamment avec un autre artiste de rue, Jason Webley.  

J’avais déjà évoqué les débuts d’Amanda Palmer dans l’article “Oui on peut gagner sa vie avec sa musique” qui donnait des exemples de ce que font de nombreux artistes à travers le monde pour monétiser leur musique. 
En effet, mécontente du travail qu’avait fait le label Roadrunner (filiale de Warner Music) sur son album solo,elle a décidé de prendre les choses en main. Elle a donc été chercher ses fans directement sur les réseaux sociaux, en étant notamment très active sur Twitter. Elle a ensuite offert des concerts flash un peu partout où on l’appelait. En Juin 2008, elle a fait un concert flash sur une plage de Los Angeles en proposant un titre qu’elle avait écrit le matin même suite à la suggestion d’un fan sur Twitter. 

Ça a donné un super clip vidéo tourné par un fan. Elle a réussi à créer également son propre business model. Un soir, en discutant avec ses fans sur Twitter, elle a lancé l’idée de faire du merchandising avec des t-shirts qu’elle customiserait personnellement. Elle a tout mis en place en quelques heures (via des sites de merchandising sur internet) et a vendu pour 11.000 dollars de merchandising en quelques jours. Une autre nuit, via sa webcam, elle a lancé en direct une vente aux enchères en ligne pour différents articles de sa tournée, qu’elle personnalisait. En trois heures, elle a gagné 6.000 $.

Elle a quitté son label, et a écrit de nombreux articles sur sa nouvelle liberté et sa volonté de travailler et monétiser différemment sa musique. Et c’est dans ce cadre qu’elle s’est tournée vers Kickstarter.

Pour son projet, Amanda cherchait à réunir des fonds pour le mixage, la fabrication, la promotion et la distribution de son album ainsi que d’un livre d’art. Pour ses “donateurs”, elle offre non seulement le CD, mais aussi des vinyles ainsi qu’un de ses livres (pour ses “backers” de plus de de 100 $ avec un envoi gratuit). Comme de nombreuses personnes n’ont pas de platines, elle a décidé d’en inclure dans quelques paquets, au hasard….

Voici la vidéo qu’elle a créée pour sa levée de fonds. VRAIMENT. REGARDEZ LA. Elle parle 1000 x plus que tout ce que je pourrais écrire sur le sujet. C’est juste excellent. Et comme le dit Amanda Palmer:

“WE ARE THE MEDIA”

Et donc kickstarter, c’est quoi?

D’après le site Ekopedia, le crowdfunding est “une approche permettant le financement de projets en faisant appel à un grand nombre de personnes ordinaires (internautes, réseaux de contact, amis, etc.) pour faire de petits investissements. Une fois cumulés, ces investissements permettront de financer des projets qui auraient potentiellement eu de la difficulté à recevoir un financement traditionnel (banques, investisseurs, etc.). Grâce aux réseaux sociaux et aux communautés en ligne, il devient aujourd’hui facile et peu coûteux de joindre un grand nombre de personnes potentiellement intéressées à soutenir des projets”.

On pourrait traduire cela par du mécenat collectif ou financement participatif.

De plus en plus de sites proposent le crowdfunding. Kickstarter aux Etats Unis est le site le plus emblématique. Il s’adresse à tous les créatifs: photo, musique, livres, vidéos, jeux vidéos, films….les projets peuvent prendre diverses formes, de la production d’un film à la réalisation d’un album studio, mais aussi de la réalisation d’un jeux vidéo à la conception de gadgets…De plus, le site précise bien dans la FAQ qu’il ne s’agit en rien d’investissement pour les apporteurs de fonds, et que le porteur du projet conserve 100 % des parts de son projet. Donc nous sommes vraiment sur du mécénat. Et grâce à Kickstarter, des créateurs qui ne pouvaient boucler leurs projets peuvent maintenant s’emanciper et lever des fonds en direct pour lancer leurs projets. (Le site le Web-marketeur donne un peu plus d’infos sur son mode de fonctionnement).

On ne confond pas le crowdfunding avec un label participatif, comme MyMajorCompany par exemple. Dans le crowdfunding, les investisseurs investissent par passion, aides ou toutes autres raisons. Mais il n’y a aucun espoir de retour sauf à des contreparties que décide le porteur de projets. Encore une fois, le porteur reste le seul détenteur de son projet. Il n’a ni associés, ni producteurs au contraire d’un label participatif.

Dans l’infographie ci-dessous, vous trouverez toutes les infos sur Kickstarter.


A propos de l'auteur

Virginie Berger est la fondatrice de DBTH (www.dbth.fr), agence spécialisée en stratégie et business développement notamment international pour les industries créatives, les technologies de contenu et les services innovants. Elle est aussi l'auteur du livre sur "Musique et stratégies numériques" publié à l'Irma. Sur twitter: @virberg

15 commentaires

  1. zôÖma says:

    Merci.

    C’est fou comme ce genre d’article envoie valser beaucoup de “repères” d’une époque entière, et surtout, donne de l’espoir à des artistes indés en développement, jeunes et perdus.
    Certes, il ne faut pas trop rêver, tout-ça-tout-ça, mais m#rde quand même, ça fait du bien !

    De la part de l’équipe OSMOSE Records,
    un bon week-end, et merci pour ces vibrations.
    A la vôtre m’selle Berger.

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  2. Juste un simple témoignage :
    J’ai rencontré à San Francisco, ou je vis, une chanteuse de Jazz “Naje” dans un club ou elle se produisait et après avoir discuté avec elle à la pause (et “acheter 10 dollars son premier CD de 3 chansons) elle ma parlé de Kickstarter ou elle avait un projet de financement d’un CD de 10 chansons…. Elle m’a invité à sa soirée de lancement (30 personnes seulement) et me voila mecene level 1 avec 150 Dollars,..on se parle, je la coache bénévolement sur une chanson en français et je l’influence un peu sur des musiques indiennes qui mettraient en valeur sa voix exceptionnelle dans certains graves. Le lien avec l’artiste et les musiciens est vrai et sincère…et je me rends compte que vivre de sa musique (même dans une ville comme SF très culture) est difficile. Cette première expérience me donne envie d’aller voir ce que font les sites comme mymajorcompany…
    Si je suis OK sur les 5% que prend Kickstarter sur mes 150 dollars, Je m’interroge profondément cependant sur les 3-5 % que prend un Amazon monopolistique sur cette transaction..je n’ai pas d’alternative et cela me gène vraiment de savoir cela car Amazon ne prend pas de risque objectif et je suis un mecene…cherchez le bug. C’est le vrai sujet à creuser dans cette chaine de valeur de la création artistique. Je me dis aussi qu’avoir une part des retombées financières de ce projet pourrait être juste. Christian Martin

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  3. Maxime says:

    Dommage que ce site soit limité aux Américains (pour déposer un projet), les alternatives sont beaucoup moins jolies et moins connues, une exception étant Ulule http://fr.ulule.com/ qui est encore pas mal.

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  4. JIMI DOVE says:

    10000 dollars pour un diné cela ne choque personne et comme d’hab’ tout le monde trouve ça génial. Et bien moi je trouve qu’au delà de la connotation “pute” qui va avec, il faut être doté d’une sacré surestime de soi pour faire payer une tel addition à quelqu’un. Je suis une artiste génial, ma compagnie représente 10 mois de salaire. Wahou ! C’est ça le future de la musique, passer ses nuits sur internet et se vendre corps et âmes comme si l’âme n’était pas assez. Faire partager sa musique aujourd’hui coute bien plus que ce que j’avais pu l’imaginer enfant et bien plus qu’au temps des maisons de disques. Eux avait au moins du talent dans la production là ou ici je ne sens que de l’opportunisme.

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    • Je suis d’accord que ce chiffre est choquant mais les USA ont une tradition et une histoire du don auprès de fondations qui justifient cette offre auprès des Américains. Jimmi, Il faut positiver et reconnaitre que le lien entre les artistes et le public changent et dans le bon sens. Un premier cercle de fans qui s’agrandit, des premiers sous qui financent…Partager sa musique et ensuite en vivre…ce sera toujours possible et on va très probablement avoir une grande qualité qui peut s’épanouir. Vous utilisez dans votre post une bien belle formule : “Avoir du talent dans la production”. Je crois qu’historiquement dans l’histoire de la musique, le “concept” de la “maison de Disques ” aura duré juste 50 ans. Les dérives et excès de ce concept ont tués le concept. J’aimais bien cependant le mot “Maison”..qui abrite et qui protège. Remettons l’artiste au cœur des débats et enjeux sur Hadopi ou la neutralité. A vous écouter…

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  5. bidjeck says:

    De nouvelles idées qui bousculent…et surtout qui permettent de voir plus loin.
    Le plus difficile reste toujours de lacher prise avec nos anciens modèles.

    Merci Virginie pour ces news.

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  6. Scribal Cat says:

    Je suis assez d’accord avec Jimi Dove. J’ai l’impression que ces artistes sont beaucoup plus créatifs question business que musicalement. ça veut vendre de la musique ok mais quelle musique ? Je pense que ces “artistes” soi-disant sont trop souvent des businessman qui se maquillent car c’est tjrs plus facile de draguer le marché en passant pour un semi-babos bien détaché des aliénations de notre société, qu’en apparaissant avec le costard cravate et le look de trader…
    Si le sujet est comment la musique sera “consommée” dans le futur, et comment les artistes réussiront à s’adapter à cela, la réponse est : les “vrais” artistes s’adapteront toujours car le trésor est là, il ne meurt jamais et se renouvelle sans cesse. Par contre je plaint cette grande majorité de “créatifs de l’opportunité médiatique” qui devraient plutôt avoir l’humilité de se reconvertir dans le business culturel, leur véritable place où ils pourraient exploiter plus sainement leurs qualités.
    Pour ma part, je pense que comme d’autres produits hautement porteurs de valeurs universelles (domaine de l’agriculture, des médecines, de la cuisine, etc) la musique à l’avenir devra répondre aux attentes de notre voisin du dessus, du boucher du coin, du vétérinaire de la rue d’en face, etc. elle sera plus vivante que jamais quand elle aura retrouvée sa portée locale, les gens prendront du live dans la gueule à la place centrale du bled ou du quartier. La musique reviendra à son universalité et à sa fonction originelle une fois débarrassée de toute cette “world production” formatrice et amputée de toute authenticité créatrice, elle fera tripper le mec du coin quand celui-ci en aura marre de se faire berner par des productivistes culturels qui ne respectent plus le public pour ce qu’il est en réalité, c’est à dire l’opposé que la plupart des médias veulent nous en faire croire. Elle aura enfin retrouvée son “terroir” et sa richesse pluriculturelle qui compose la base de son universalité, ce qui ne l’empêchera pas pour autant de se partager outre le voisinage bien sûr, mais entre temps elle aura au moins retrouvé sa dignité en plus d’un rapport intrinsèque et direct avec le peuple.
    Pour finir je citerai NTM (et chais plus quel rappeurs américain à la base) : “I make music for my people” et je dis à Amanda Machin, occupe toi de faire kiffer tes voisins et les gens qui vivent autour de toi toute la semaine avant de conquérir le “world” avec ta pop sur-consommée qui sent trop le banquier aux cheveux long.
    Peace

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    • Heu, “Amanda Machin”? juste avant de se permettre de laisser un commentaire tellement plein d’opinions préconçues, le moindre des respects est d’aller voir comment s’appellent les gens et ce qu’ils font. Ce type de commentaire faussement arrogant, on va éviter..

      D’autre part, Amanda Palmer, c’est “juste” la fondatrice des Desden Dolls, juste 15 ans qu’elle tourne, juste qu’elle fait kiffer ses voisins et ses fans en donnant des concerts, gratuits, à travers le monde.

      Donc en fait, les artistes qui utilisent ces nouveaux outils au lieu de vouloir passer par une maison de disques car ils préferent contrôler leur oeuvre, de l’artistique à la promo, c’est sale. Pouah. Aucune créativité ces gens là. C’est vrai, qu’ils arrêtent de vous emmerder et aillent se faire avoir par d’autres gens.
      Donc surtout un artiste, pour qu’il soit créatif, il ne faut surtout pas qu’ils lèvent des fonds pour enregistrer et produire sa musique comme ils le souhaitent, non surtout non, ne jamais parler d’argent.
      Mais qui êtes vous vous, pour vous permettre de tels jugements?
      Chacun sa créativité, chacun sa manière d’avancer et chacun sa manière de faire vivre sa musique. Ce n’est pas parce que vous ne le faites pas que vous êtes plus créatifs. Et grâce à Kickstarter, des centaines d’artistes ont pu produire leurs albums, boucler leur tournée, finaliser du merch…Donc que vous n’aimiez pas, soit, faites autrement pour faire vivre votre musique. Mais cela ne fait pas de vous un artiste meilleur ou plus créatif. Ni eux de moins bons artistes.

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  7. Scribal Cat says:

    Désolé pour mon ton certes un peu limite je l’avoue, mais je ne faisais qu’émettre une opinion plutôt peu répandue qui la preuve, est loin de faire l’unanimité… Ce que je dis n’est pas du tout votre tasse de thé et je le comprends. Rassurez vous, je ne me considère pas “meilleur” ou quoi que ce soit qu’ Amanda Palmer et je suis très loin de pouvoir la concurrencer en quoi que ce soit, mais je suis quand même un artiste qui crée de la musique et des projets hors des sentiers battus, pas pour me considérer “underground” ou “avant-gardiste” ou tout ce que vous pourriez imaginer, mais parce que j’aime l’aventure et la découverte et que cela est naturel chez moi. Je m’exprime donc sur un sujet (la musique et les façons d’en vivre) que je connais très bien car j’en vis depuis longtemps. Après avoir lu votre réaction, j’ai relu mon commentaire et je persiste et signe désolé… je retirerais bien le ton un peu caustique mais c’est tout.
    Je pense que vous pourriez peut-être vous inspirer de ce que je dis, même dans la branche où vous êtes, car des visions opposées à la votre peuvent devenir beaucoup plus inspiratrices que celles dans lesquelles vous naviguez depuis longtemps.
    Je vous souhaite une bonne journée

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    • C’est bien là le problème. Je n’ai aucune vision. Je pense que l’on doit s’adapter à chaque artiste. Si Amanda Palmer veut faire vivre sa musique en utilisant Kickstarter, elle le fait. Si vous souhaitez faire autrement, vous le faites. Je n’ai aucune chapelle. Par contre, je pense que ce qui tue la musique, ce sont toutes ses idées pré-conçues, et ce manque d’ouverture, cette volonté de juger, de ne pas laisser faire car cela ne rentre pas dans des cases.
      Il y a des artistes business, et d’autres non. D’autres qui veulent vivre de leur musique, et d’autres s’en fichent. Et très sincèrement, je suis pour qu’on laisse les gens faire ce qu’ils veulent, sans qu’on se fasse juger dès qu’on emploie des mots qui ne plaisent pas….

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  8. Scribal Cat says:

    Alors “les idées pré-conçues” ça fait 2 fois : ce n’est pas parce que je porte des propos qui vont à l’encontre de vos projets que j’ai des idées “pré-conçues”. Je pense même qu’en termes “d’idée pré-conçues” le marketing est en général assez fourni non ? Il se base d’ailleurs souvent sur des études qui au final, ne créent rien d’autres que “des idées pré-conçues”..
    En ce qui concerne le fait de me reprocher des “jugements”. Ce seul fait n’est-il pas un jugement en soi ? Je “juge” la musique et l’esprit et non pas le marketing car ce n’est pas mon cheval de bataille. plus que du jugement, j’ émet un avis, un ressenti, et ceci n’a jamais tué la musique rassurez-vous. Comme vous je ne protège aucune chapelle, je ne sers personne. Je m’appuies sur mon amour de la musique et sur mon expérience de la vie en général…
    Bon, on est pas sur la même planète mais ya pas de mal. Toutes les énergies qui font bouger les choses sont bonnes à prendre, non ?

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  9. Steelcox says:

    Pardonnez-moi d’avoir souhaité intervenir sur ce sujet en tant qu’artiste. Cela certainement parce que je me sens tout à fait concerné.
    Je voudrais simplement dire que le crowdfunding ou mécénat collectif ou encore mécénat participatif est aujourd’hui l’unique porte entr’ouverte à la production musicale.
    Même s’il faut rester positif, ce qui a marché pour Amanda Palmer (une fille qui a le mérite de se battre pour le métier qu’elle a choisi – et c’est loin d’être facile ! ) s’est avéré possible aux Etats-Unis mais hélas cela me paraît plus difficile en France et pour plusieurs raisons :
    1/ Je pense que cette idée n’est pas encore entrée dans les mentalités et dans la culture française. Je pense que la grande majorité du public a gardé à l’esprit que la production d’artistes s’effectue par des producteurs spécialisés dans les maisons de disques ;
    2/ En France, il y a tellement de règlementations, de lois à connaître et à respecter et de choses à payer avant de commencer que l’on doit d’abord surmonter cet aspect dissuasif. Il faut avoir les moyens de quelqu’un qui a déjà réussi pour pouvoir démarrer !
    3/ Pour faire des spectacles en France il vous faut un Producteur de Spectacles détenteur de la licence d’organisateur de spectacles délivrée par la Drac (Direction Des Affaires Culturelles). Sans lui vous n’êtes pas autorisé vous-même en tant qu’artiste à organiser vos spectacles. Vous ne pouvez ni demander des aides aux sociétés civiles de la profession qui sont là pour ça et encore moins les toucher ! Et vous ne pouvez pas non plus faire les fiches de paie de vos musiciens (car un jour ils auront besoin de toucher des indemnités maladie et plus tard leur retraite) !
    4/ Pour que le public vienne assister à votre spectacle, il faut au préalable qu’il vous connaisse ! Comme disait si justement Coluche : ” Le public ne peut choisir que parmi ce qu’on lui présente”. Mais comment cela est-il possible dans le contexte actuel où il est inimaginable qu’un artiste auto-produit soit diffusé dans les grandes radios ou même en télé ? Mes amis et moi nous étonnons de voir avec quelles oeillères les grands médias font tout leur possible pour ignorer les artistes très présents sur Internet !
    5/ Lorsque l’on est artiste, il vaut mieux prendre le temps de lire les conditions générales d’utilisation des services de Mymajorcompany ou autres sites du même genre. C’est alors qu’on s’aperçoit parfois qu’il ne faut pas être membre de la Sacem ou alors se ranger du côté du Copyright plutôt que de celui du Droit d’Auteur (Convention de Rome). C’est à dire en clair qu’il faut leur abandonner tous nos droits par un contrat de cession de droits !
    Quant aux sites de crowdfunding ou mécénat collectif, il est aussi prudent d’étudier les commissions prises par de tels sites et de savoir où va l’argent, voir si les mécènes ne sont pas lésés et quelle part réelle sera utilisée pour votre projet. Dans mon cas, il est possible sur mon site officiel d’effectuer des opérations de mécénat directement et sans intermédiaires. Les sommes ainsi collectées sont enregistrées nominativement en comptabilité dans un compte du plan comptable général réservé à ce type de produit.
    Aujourd’hui un artiste qui ne se prend pas en charge et qui par conséquent rechignerait à toucher à l’aspect financier et l’aspect business de son métier est voué à l’échec nonobstant le talent de qualité qu’il puisse déployer. Et s’il le fait, le succès n’est pas garanti pour autant mais s’il ne le fait pas c’est l’échec assuré car aujourd’hui personne ne le fera gratuitement à sa place.
    Les artistes des années 60 dans ces conditions n’auraient sans doute jamais vu le jour aujourd’hui !

    Un grand MERCI à Virginie pour toutes les informations et les précautions qu’elle distille aux artistes sur son site, sur Radio Néo et ailleurs. Dans tout mon parcours de 32 ans, je n’ai jamais rencontré d’équivalent. Je la félicite ici pour son ardeur au travail, pour tous les soins et les précisions étudiées qu’elle y apporte.

    Quant à moi, je suis chanteur, auteur, compositeur, arrangeur et récemment auto-producteur de mes chansons par nécessité. J’ai repris la musique en 1975 et ai commencé à composer mes chansons dès 1980. Je ne souhaite pas faire ici de la promo personnelle mais amener tout simplement un témoignage de terrain. J’ai tout fait, maquettes à la maison, envois de cassettes (par 200 à l’époque), bals, soirées privées, cabarets parisiens, dancings, centres culturels, MJC, radios, maison d’arrêt (où l’on m’avait invité pour chanter pour les détenus), etc. … J’ai eu des contrats ou pseudo-contrats de production avec des labels qui s’en foutaient. Pour trouver une production discographique, dans les années 80 j’ai fait le tour des maisons de disques qui gagnaient trop d’argent pour s’intéresser à mon travail. On vous recevait avec dédain et mépris quand on vous recevait … Puis dans les années 1990 – 2000 je me heurtais au fait qu’elles n’en gagnaient plus ! J’ai tenté vainement l’approche du mécénat d’entreprise avec le concours de l’Admical. J’ai fait le tour des banques avec un cautionnement de l’IFCIC qui ne fonctionnait pas pour l’obtention d’un prêt bancaire en vue de créer ma propre société d’édition et de production. Bref le parcours du combattant force 10 ! Je ne m’en plains pas car j’ai appris la réalité de ce métier ! J’espère avoir donné ici un éclairage de terrain à celles et ceux qui ne connaissent ce métier qu’à travers le prisme déformant des médias (Don’t believe the hype !) qui tendrait à faire croire qu’un artiste qui ne passe pas en télé est mauvais. Malgré tout, ayant tracé dans ma tête une frontière très nette entre le business et l’artistique, je n’ai jamais cessé d’écrire, composer, arranger et chanter avec une passion qui ne s’est jamais altérée et peut-être aussi pour tenter de faire plaisir à celles et ceux qui apprécient ma musique et continuent de me soutenir. Steelcox

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  10. Scribal Cat says:

    Un bien beau témoignage Steel Cox, bravo !

    Reply

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