Wednesday 30 Jul 2014

Les derniers chiffres 2012 de vente de musique (USA): en berne mais que d’opportunités!

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Nielsen Soudscan, qui tracke (notamment) les ventes de musique aux Etats Unis et au Canada vient de publier les chiffres de milieu d’année pour les ventes de musique enregistrée. Et c’est pas joli joli.

Les ventes d’albums sont en baisse de 3% par rapport à l’an dernier, mais ce n’est pas vraiment le souci. Le plus grand vendeur, en l’occurence la plus grande vendeuse est toujours Adèle avec son album 21, un album pourtant sorti au début de l’année dernière. Par contre, les nouveaux albums des “superstars” comme ils disent là bas, c’est à dire des Justin Bieber, Madonna, Bruce Springsteen et Nicki Minaj n’ont pas encore vraiment explosé les ventes. Ouh là non.

150 millions d’albums ont été vendus jusqu’à présent cette année, un peu loin derrière les 155 millions de l’année dernière. Le 21 d’Adèle a vendu plus de 3,69 millions d’exemplaires cette  année, cumulés aux 9,4 millions d’exemplaires déjà vendus aux Etats-Unis depuis que l’album est sorti en en Janvier 2011. Doit on être déprimé par le fait que 21 a été le seul album à dépasser la limite symbolique du million d’exemplaires vendu? Le Tuskegee de Lionel Ritchie n’en est pas loin, avec 912000 exemplaires, et les One Direction avec leur Up All Night arrive en 3e position avec  899 000 exemplaires vendus. Et après on va nous dire que les ados n’achètent plus de musique! Les filles ados achètent, et avec le merch! Vous savez ce qu’il vous reste à faire? Convertissez vous en groupe pour filles ados…

Seulement 11 albums ont dépassé 500 000 exemplaires vendus cette année à ce jour, malgré tous les sorties d’albums des superstars de la musique. C’est également en baisse par rapport l’année dernière, 16 albums avaient alors atteint cette marche.

Les singles marchent quand même un peu..et sont même en augmentation par rapport à l’an dernier…+6% . Le titre le plus vendu est Gotye avec “Somebody That I Used To Know, avec plus de 5,5 millions de téléchargements depuis le début de l’année. Suit We Are Young avec 5,09 millions vendus, puis Carly Rae Jepsen’s avec “Call Me Maybe” est en troisième position avec 4 millions de téléchargements. D’ailleurs, fait étonnant, 25% de ses ventes ont eu lieu sur ​​Amazon MP3.

Mais même ces chiffres sont un peu en baisse. En 2012, 47 titres ont été vendus à au moins un million d’exemplaires, pour 52 titres qui en avaient vendu autant l’année dernière à cette époque de l’année.

Alors que peut on en dire? Bon, que le marché baisse, soit. Mais le marché baisse aussi pour les grosses stars hyper stars à la Madonna (plus grosse chute de toute l’histoire du Billboard pour la deuxième semaine de ventes de son album..).

Il y a quelques jours, j‘ai répondu à quelques questions pour le Nouvel Obs sur “Pourquoi Johnny et Madonna” ne remplissent plus les stades? Sans se pencher sur les stades, on voit quand même que les derniers albums de Johnny Hallyday et Madonna ne sont pas ce que l’on pourrait appeler des succès commerciaux (attention toutes proportions gardées sur ce qu’on qualifie de succès commercial. C’est enorme pour certains, mais peu pour des artistes de ce type, sans compter les investissements de prod et de promo)… Comme si le public témoignait d’une certaine lassitude face à ses sorties. Comme si ces artistes étaient tellement persuadés que les fans les suivront tout le temps qu’ils ne font plus vraiment d’effort. Comme si les fans étaient un matelas confortable,et sûr, alors pourquoi se creuser la tête..

Les gens ne consomment plus la musique comme avant, de la même manière que les fans ne sont plus non plus des hordes de psychosés déchaînés, prêts à tout pour assister au show de leur star. Il y en a toujours, mais ce n’est plus la majorité. Le public réclame aujourd’hui une personnalisation de l’échange avec son artiste, une forme d’exclusivité, une relation directe. Le nombre de personnes qui constituent un public est capital dans la définition de cette relation.

Alors comment comprendre ces chiffres? Déjà, pour avoir une vision globale, il faudrait pouvoir avoir avec les (vrais) chiffres du streaming. Non parce que tout le monde se gargarise de Spotify qui serait la 2e source de revenus pour les maisons de disques. Sans aucun chiffre officiel. Car cela est basé sur des “projections” ou des “sources officieuses”. Je suis pas contre hein, mais c’est bien aussi d’avoir les vrais chiffres. Et si on avait les vrais chiffres, on pourrait comparer la courbe de croissance du streaming et des abonnements vs achats.

Ensuite, moins d’albums vendus sur des millions, mais vraie emergence de ce qu’on appelle “une classe moyenne d’artiste”. Moins d’artistes superstars, plus d’artistes entre la classe amateur et les superstars. Des sites comme Bandcamp ne sont pas comptabilisés dans ces chiffres, ni toutes les ventes directes à partir de sites d’artistes. Et cela est à prendre en compte. Bandcamp sur sa home page donne tous les jours ses dernières stats, et c’est pas négligeable. Plus de 1 200 000 $ ces derniers 30 jours.

don't believe the Hype

Dans un témoignage publié sur le site, Amanda Palmer explique qu’elle avait plus gagné d’argent en une nuit sur Bandcamp qu’elle n’en a jamais vu de sa maison de disques en 2008.

Donc baisse des ventes, difficulté à trouver un business model perenne (je suis persuadée qu’il n’y a pas un business model, mais des milliers, qui s’adapteront à chaque artiste..), mais de chouettes opportunités.  Quasi impossible de devenir une star, soit, mais plus de possibilité de vivre et de faire vivre sa musique. Tout dépend de ce qu’on veut faire de sa carrière, de son style musical, de son public…Monétisation et distribution se développent. Nous sommes aux prémisses, mais aux prémisses qui vont vite…Et oui, je vais parler de mon agence, mais DBTH a été créée pour proposer une alternative au modèle économique de l’industrie du disque actuel en développant des services spécifiques dédiés aux artistes entrepreneurs et leur entourage. On offre des solutions en termes de distribution, marketing, promotion traditionnelle et web tout en permettant aux artistes de conserver leurs droits.  Et je me dis, que dans notre style hein, dans l’alternative, on peut un peu servir…

A propos de l'auteur

Virginie Berger est la fondatrice de DBTH (www.dbth.fr), agence spécialisée en stratégie et business développement notamment international pour les industries créatives, les technologies de contenu et les services innovants. Elle est aussi l'auteur du livre sur "Musique et stratégies numériques" publié à l'Irma. Sur twitter: @virberg

3 commentaires

  1. Fabien says:

    Des propos justes et stimulants pour ceux qui arrivent!!!

    J’aime votre perspicacité!

    Merci!

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  2. Vincent says:

    En gros donc, ralentissement général sauf pour ceux qui font dans le boys band ou musique pour ados. Y’a un créneau à prendre moi je vous dis :-) )

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Trackbacks pour cet article

  1. Ce que je retiens du rapport mi-annuel 2012 de Nielsen & Billboard | Donnetamusique

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