Deviens mon patron: un nouveau modèle économique pour les e-artistes indés

jack conte pomplamosse

Cet article a été posté initialement sur le blog de JC Frog. Et je l’ai trouvé tellement interessant que j’ai voulu vous le présenter, avec l’accord de son auteur bien sûr! Et d’ailleurs, qui est l’auteur: JC Frog, Musicien amateur, à ses heures perdues un modeste petit chansonnier geek hacktiviste dont quelques parodies ont un peu tourné, et que vous pouvez retrouver sur YouTube, ou en téléchargement gratuit ICI.

Le malicieux Jack Conte, le très créatif poilu du magnifique duo Pomplamoose, propose un nouveau site de financement participatif pour le quotidien des créateurs de contenu numérique: video, musique, sketchs…, et ça s’appelle Patreon

« piracy is not going away and I think that’s good » … « if you can’t afford music I still want you to hear my music » (source)

« Le piratage ne va pas disparaitre et c’est très bien ainsi … si vous ne pouvez pas vous offrir de la musique, j’ai quand même envie que vous écoutiez la mienne » Julia Nunes

A la différence d’un kickstarter qui fait des appel à financement pour un gros projet ponctuel, Patreon propose aux internautes qui veulent soutenir les créateurs une sorte de flattr automatisé. Pour motiver l’artiste à créer du contenu, tu fixes la sommes modique que tu lui donneras à chaque fois qu’il sort une video ou une chanson. Tu deviens alors son « Patron », ce qui en anglais s’entend plus comme mécène que comme exploiteur à gros cigare

Pour éviter tout débordement tu peux fixer une somme mensuelle que tu ne veux pas dépasser.

Comme dans les sites de crowdfunding, tu as des bonus si tu donnes plus.

Le site est très bien fait, propre et efficace, très classique dans ce qui se fait en ce moment en terme de simplicité et d’ergonomie.

C’est donc un modèle de plus proposé avec beaucoup de tripes pour les « artistes entrepreneurs indépendants », sujet sur lequel nos amis ont des avis très intéressants, totalement 21eme siècle, un souffle bénéfique dans cette ère pestilentielle du business du copyright.

C’est frais, c’est intelligent, on veut y croire. Mais pour ça il faut se bouger et sortir la carte bleue!

Bravo et bonne chance Mister Jack!


PS: on m’a suggéré de faire ma page Patreon mais je maintiens le cap: tant que je peux m’en passer, je refuse toute monétisation de ce que peux envoyer dans la toile.

PPS: j’ajoute l’interview de Pomplamoose sur le sujet de la création en ligne indépendante par un pédant de chez techcrunch

Me voilà un fier et modeste patron

A propos de l'auteur

Virginie Berger est la fondatrice de DBTH (www.dbth.fr), agence spécialisée en stratégie et business développement notamment international pour les industries créatives, les technologies de contenu et les services innovants. Elle est aussi l'auteur du livre sur "Musique et stratégies numériques" publié à l'Irma. Sur twitter: @virberg

4 commentaires

  1. Bonjour,
    encore une bonne initiative !
    Mais il y a quelque chose qui me gène derrière tout ça, et je crois que c’est spécifique à la France qui n’est pas, je pense, un pays entièrement voué à la création musicale. La question que je me pose est la suivante :
    Avant il y avait des découvreurs de talents, des gens dont c’était le métier de comprendre et stimuler la création de ceux qui avaient un potentiel, en pensant que c’est le public qui va remplacer ce métier, on ne se trompe pas un peu ?

    Reply
  2. Le système est super, je suis Pomplamoose depuis quelques années et je ne suis pas supris que ça vienne d’eux.

    Cela dit, je me pose la question des revenus pour d’éventuels artistes français qui utiliseraient ce système. Étant donné que le “patron” peut fixer une limite mensuelle au montant qu’il souhaite donner à l’artiste et qu’il obtient dans certains cas une contrepartie sous forme de temps de ce qu’Attali appelle “d’intimité avec lui” (skype, Google hangouts, etc.), il n’est pas impossible que l’URSSAF puisse requalifier ces revenus en salaire et puisse exiger le paiement des cotisations sociales non seulement auprès de l’artiste, mais aussi auprès du “patron” — pour la part patronale, c’est bien le cas de le dire.

    Comment les juristes de DBTH analysent-ils ce rapport ?

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